Le lycée Cantau d´Anglet est aujourd´hui le premier établissement d´Aquitaine dans les métiers du BTP. Ce centre de formation accueille 1500 élèves, 1300 en formation initiale et 200 en alternance. Il propose des formations techniques, professionnelles qui se poursuivent par une école d´ingénieurs.( I.S.A. –BTP) Il a pu acquérir ce statut grâce à une politique permanente de renouvellement des formations en anticipant les besoins émergents. Actuellement, les énergies renouvelables sont évidemment intégrées aux cursus de formation. Les élèves apprécient la technicité de l´enseignement dispensé. Dans leur vie professionnelle, ils demeurent le plus souvent fidèles à la filière choisie. Cette réussite dans l´épanouissement de l´élève est une de nos meilleures garanties et une de nos fiertés.
Pour maintenir un emploi localement
Notre établissement a un rôle indéniable dans le maintien des emplois locaux et leur répartition géographique homogène. Les artisans du bâtiment et de la construction sont implantés dans l"ensemble du Pays basque aussi bien en milieu rural que dans les zones urbaines. Malgré la pénurie en main d"œuvre, cette profession apprécie la présence à ses côtés d"une structure professionnelle qui lance sur le marché de l"emploi 400 élèves par an. Ceux-ci n"ont aucun problème à trouver un employeur. Il y a actuellement 3 demandes d"emploi pour 1 élève ! Si seulement, la profession avait su anticiper cette pénurie prévisible en travaillant en amont avec nous !! Notre présence en Pays basque permet au moins d"atténuer localement cette carence en emploi. Ailleurs, le déséquilibre est très certainement plus grave. La localisation d"un établissement comme le nôtre ou comme d"autres centres de formation est déterminante pour le marché environnant. 80% des élèves sont recrutés dans un rayon de 80 km. Un territoire en manque de structures de formation est un territoire handicapé pour se développer. La création d"une université Technologique en Pays basque est indispensable à ce titre. J"y suis particulièrement attachée en tant que professionnel de la formation parce que je constate au quotidien les bienfaits pour le territoire environnant de la formation.
La formation efficace dans un système décentralisé
Les territoires qui réussissent sont ceux qui connectent les mondes de la formation, de la recherche et de l"économie grâce à de vrais pouvoirs décisionnels. A Cantau, nous travaillons régulièrement avec le monde de l"entreprise en accompagnant un chef d"entreprise dans un domaine à développer en associant le lycée à ce projet. Un élève ( Licence Prof. )est chargé d"étudier le problème avec une équipe de professeurs. Depuis 15 ans, chaque année entre 10 et 20 jeunes intègrent les entreprises et poursuivent leur projet. Dès le départ, ils deviennent responsables et occupent des fonctions importantes. Beaucoup sont de futurs créateurs ou repreneurs d"entreprises. En France, nous baignons malheureusement dans un conservatisme d"assistanat préjudiciable à l"économie. Le système d"enseignement est mis en place pour formater de futurs salariés. La culture d"entreprise fait véritablement défaut. Nous sommes encore dans un système qui déresponsabilise. La centralisation excessive de ce pays est sa plus grande faiblesse à l"époque actuelle. La formation professionnelle est heureusement décentralisée au niveau des régions. Nous vivons au quotidien les bienfaits de cette mesure. Nous travaillons véritablement avec des interlocuteurs partenaires qui nous connaissent, qui nous suivent, qui nous financent en connaissance de cause. L"action est beaucoup plus rapide et efficace. Autrefois, nous ne connaissions pas les décideurs. Leurs intermédiaires servaient de filtre. Le contact direct est bien plus efficace. Nous étions dans une opacité préjudiciable. Lorsque je constate à quelle vitesse nos collègues d"Euskadi et de Navarre ont avancé en s"inspirant de notre expérience, il est évident que même dans notre secteur décentralisé, il nous reste à progresser. Les pouvoirs publics ne parviennent pas encore à animer les acteurs locaux comme le gouvernement basque le fait dans les clusters d"Euskadi. Nous devons passer de toute urgence d"une culture de l"assistanat à une culture de la responsabilisation en réduisant la hiérarchie et en donnant du pouvoir aux responsables sur le terrain, comme les professeurs et enseignants qui ne sont plus en situation de donner le meilleur d’eux-mêmes.