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2007
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Le basque pas encore à Paris mais déjà à Bayonne

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Enero 02 | 2007 |
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Il y a deux semaines à Paris, le député breton UMP Marc Le Fur déposait un nouvel amendement visant à modifier l’article 2 de la constitution française qui empêche actuellement l’utilisation co-officielle des langues régionales sur le territoire français. Sa proposition n’a pas été retenue mais l’écart entre ses partisans et les tenants de l’incongruité franco-turque en matière de (manque de) liberté linguistique s’est réduite : 44 voix contre 57, soit 7 députés de différence, réduisant de moitié l’écart de sa dernière tentative. Une évolution intéressante au regard des débats qui parcourent le Pays basque où l’on remarque la même tendance.
La population est de plus attachée à la spécificité culturelle et linguistique de la région où elle vit (sans en être nécessairement originaire d’ailleurs) et les élus locaux ont décidé d’accompagner ce sentiment de mieux en mieux structuré et de plus en plus répandu. 

C’est dans cet esprit que la capitale administrative du Pays basque a décidé de développer l"usage du basque en approuvant une convention signée il y a quelques jours entre la ville de Bayonne et l"Office public de la langue basque. Sous l’impulsion d’Aitor Arandia, un programme concret et rapidement réalisable dont vous trouverez les détails sur la page ci-contre sera mis en œuvre.

Le basque plus sûr que l’anglais

Au-delà du symbole fort pour cette ville vers où se tournent les regards, il y va de l’adaptation de cette terre et de sa capitale aux enjeux européens et de son entrée dans un monde multiculturel et plurilinguistique. Les modèles anciens monolingues sont dépassés, le bilinguisme est une nécessité aujourd’hui pour celui qui veut vivre avec son époque. 

Mais pourquoi ne pas avoir choisi l’anglais ou l’espagnol rétorqueront toujours certains en quête de faux fuyants ? 

Eh bien, tout simplement pour la raison suivante : si l’immersion linguistique, que la pratique effective du basque rend possible en Pays basque, a fait ses preuves scientifiquement, l’initiation précoce, qui serait la seule possibilité pour l’anglais ou l’espagnol, n’est pas totalement reconnue par les experts de l’Education Nationale comme une garantie de succès dans l’apprentissage des langues. 

Il faut donc s’en tenir sagement à un principe de précaution, ce que chacun comprendra facilement car l’avenir des futures générations ne saurait souffrir d’expérimentations à l’aveuglette. Il faut donc choisir d’aider le basque et de ce fait la possibilité de l’immersion qui a clairement montré ses résultats. Une reconnaissance un peu plus officielle contribuera certainement à ce climat propice et facilitera cette immersion efficace.

En conclusion, Bayonne, à travers toutes ses sensibilités politiques représentées, a fait le choix de l’humanisme pour demain, car, comme le dit le proverbe slovaque, plus on connaît de langues, plus on est humain… 

Bonne année à tous. Urte berri on deneri.

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