Opinión
02Enero
2007
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Notre abertzalisme est un humanisme

Opinión
Enero 02 | 2007 |
Opinión

EAJ-PNB défend un état d’esprit humaniste. Il est le défenseur de la singularité, du particulier et de la pluralité. Il affirme clairement la personnalité basque de ce territoire en elle-même plurielle. Nous, membres d’EAJ-PNB défendons l’euskara comme langue nationale de ce pays tout en intégrant les langues française et espagnole à notre patrimoine. Nous associons le Pays basque à une multitude de singularités reliées comme la langue, la culture, l’histoire, le patrimoine, les paysages ... plus ou moins présentes suivant les régions des provinces basques. Nous l’associons à des critères subjectifs ouverts comme la volonté d’être basque ou le fait d’y vivre. Notre mouvement défend la particularité de notre peuple et son unité dans une intégration ouverte à l’Europe fédérale. Nous sommes pourtant mis en cause dans cet humanisme par des adversaires résolus à nous discréditer.
Un prétendu racisme non avéré

De nombreux intellectuels de la mouvance Basta Ya utilisent le cliché ethnique du rejet pour qualifier le nationalisme basque. Ils invoquent le racisme de Sabino Arana Goiri, le fondateur de notre mouvement. A la fin du XIXème siècle, il avait déterminé cinq critères dont celui de la race pour créer un corpus idéologique à un premier nationalisme motivé par une crainte compréhensible de la mort de l’identité basque. Ce nationalisme nourrissait un sentiment de méfiance à l’égard des Espagnols symbolisé par le terme maketo. Ce sentiment défensif était conditionné par la peur de l’autre destructeur de notre identité. Nier l’universalité de cette peur identitaire est la spécialité de ces penseurs universalistes. La terrible révolution islamique iranienne n’a t elle pas été attisée par l’occidentalisation accélérée du régime autoritaire en place ? La pensée de Sabino est bien plus complexe, car elle défend avant tout les faibles, ce même ouvrier espagnol exploité dans les usines de Biscaye, les peuples asservis s’émancipant du joug colonisateur. A l’époque, la tendance raciale de Sabino était inspirée des nouvelles théories émergentes du XIXème siècle. La reporter à l’époque contemporaine, en la simplifiant, en la plaçant hors de son contexte, après Auschwitz et l’atrocité nazie, c’est commettre un anachronisme trop facile pour être honnête. 110 ans après, la peur initiale et la méfiance qu’elle suscite sont dépassées. Notre abertzalisme a suivi une pensée humaniste intégratrice parce qu’une personne ne nait pas basque, elle le devient si elle le souhaite. Nous sommes loin du cliché ethnique déterministe qui suppose une appartenance des individus par leur origine et non par leur choix. Une enquête récente montre que les habitants de la Communauté autonome basque ont la conception la plus intégratrice d’un Basque, fondée surtout sur la volonté et la résidence. Le vote abertzale y est majoritaire. Les Navarrais et les habitants du Pays basque nord sont les plus « ethniques » et les moins abertzale.

Un nationalisme républicain

De nombreux responsables politiques français sont unis pour opposer les valeurs républicaines au nationalisme basque. Leur fameux modèle est censé assurer une noble cause, la tolérance à l’origine des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Sous couvert d’unité et d’entente entre les citoyens, le modèle initial rejette les différences religieuses, culturelles ou sociales hors du champ public. En les niant, les foyers de tension se sont multipliés : rejet des cultures régionales ou immigrées, négation des catégories sociales défavorisées par leur particularisme, haine du réflexe communautaire par un état d’esprit centré sur l’individu et non sur l’influence de l’environnement social spécifique.
Ces personnes confondent les valeurs de la République et le modèle censé les défendre. Nous dénonçons les dérives de ce modèle, au nom de ces valeurs, pour une République moderne qui assume les différences, les conjuguent pour défendre la liberté et l’égalité des personnes, dans leur identité propre et leur besoin d’identification collective.

Une singularité basque défendue autrement

De nombreux militants de l’abertzalisme radical nous considèrent comme des traîtres à la cause basque. Nous aurions trahi le combat pour la libération de notre peuple, corrompus par l’appétit du pouvoir et la gestion quotidienne des institutions. Les injures adressées à un jelkide, les attaques régulières de batzoki peints aux couleurs de l’Espagne nous le rappellent. Même notre siège social de Bayonne a bénéficié de leur génie artistique. A Bayonne, le bleu blanc rouge aurait été plus adapté que le rouge et jaune de l’Espagne éternelle. Bref, pourquoi opposer la gestion à notre combat politique ? Sans le redressement économique d’Euskadi, le débat sur l’indépendance serait-il crédible aujourd’hui ? Notre modération réside dans le calcul du possible en fonction de la période donnée et des rapports de forces démocratiques. La lutte armée aura-t-elle favorisé la progression du vote abertzale ou aura-t-elle été un repoussoir ? Batasuna et ses prédécesseurs ont négligé le fait qu’un Basque, Navarrais ou d’Iparralde est très attaché à l’ordre. La lutte armée a crée un contexte de tension générateur d’une réelle souffrance au sein de la gauche abertzale, près de 350 morts, de nombreux cas de tortures, des situations familiales douloureuses, un déni de cette réalité par les médias espagnols et français, d’où une fermeture à l’autre et une difficulté à assumer la pluralité. Certains comportements radicaux l’attestent, barbouillage des parties française ou espagnole de panneaux bilingues, absence du drapeau européen, localisme exacerbé sur les questions d’infrastructure, vision internationale tiers-mondiste comme projection de leur perception de Basques doublement aliénés socialement et nationalement.

EAJ-PNB n’est évidemment pas un mouvement sans faille, sa trop récente implantation en Pays basque nord le montre. Mais son esprit démocratique lui permet de s’autocritiquer sans complaisance et s’il le faut publiquement. Sa principale force réside dans son implantation locale et son contact au terrain. Les critiques les plus pertinentes viennent souvent du peuple et non d’adversaires gagnés par le jeu politicien.

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