Opinión
13Septiembre
2006
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La collaboration transfrontalière entre l´Aquitaine et l´Euskadi, un besoin partagé

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Septiembre 13 | 2006 |
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L’Euskadi et l’Aquitaine s’enracinent au c¦ur d’un axe stratégique transeuropéen Nord-Sud, ce qui leur confère un avantage naturel pour les échanges entre les marchés européens et le reste de la péninsule ibérique. Cet atout se trouve cependant remis en question par les tendances actuelle et future du transport routier: un risque accru de saturation totale du réseau routier aquitano-basque à l’horizon 2010. C’est face à cette problématique que s’est construit le projet de Plateforme Logistique Aquitaine-Euskadi (PLAE), dont l’objectif principal est d’appréhender la problématique du transport et de promouvoir le tissu d’infrastructures et d’équipements de transport d’Euskadi et de la Région Aquitaine, dans le cadre d’une approche intermodale. La collaboration entre les deux remonte à 1989, date à laquelle la Région Aquitaine et la Communauté Autonome du Pays Basque initièrent un processus de coopération avec la signature d’un protocole de collaboration pour travailler en commun, éliminer les frontières et avancer vers une gestion plus globale dans le cadre communautaire. En novembre 1999, le Président d’Aquitaine, M. Alain Rousset et le Lehendakari du gouvernement basque, M. Juan José Ibarretxe, mirent en place le projet de constitution de la PLAE, dans le but d’affronter la problématique du transport et de fixer le rôle logistique à jouer par les deux régions. En 2004, la Plate-forme Logistique Aquitaine-Euskadi s’est constituée en tant que "Groupement Européen d’Intérêt Economique" (GEIE) suite à l’approbation de cette figure juridique par les deux administrations.
Il s’agit d’établir, sur la base des infrastructures existantes en Aquitaine et en Euskadi, diverses propositions dirigées vers l’intermodalité dans le transport, en essayant de diminuer les points de congestion du trafic. Ainsi, le fait d’établir un axe ferroviaire à grande vitesse Vitoria-Irun-Hendaye-Dax-Bordeaux pour le transport des voyageurs et des marchandises, c’est-à-dire la construction du Y Basque et de sa connexion avec la ligne aquitaine, représente un pari stratégique qui garde tout son sens, tant concernant l’avenir de l’Euskadi que celui de l’Aquitaine. La coopération entre l’Euskadi et l’Aquitaine sera donc indispensable sur les sujets concernant les nouveaux projets ferroviaires dont le "ferroutage" et leur connexion transfrontalière, projets soutenus par la PLAE. Dans la mesure où le trafic de camions existant tout au long de l’axe Euskadi- Aquitaine - Nord de France est en croissance "constante" depuis une dizaine d’années et où diverses études annoncent une croissance forte dans les prochaines années, ce qui laisse prévoir un risque possible de saturation totale du système routier basque, les autorités basco-aquitaines ont pris conscience du fait qu’il était nécessaire de chercher d’autres alternatives de transports, l’une d’elles étant la mise en route d’un service d’une autoroute ferroviaire entre Vitoria et Lille, en différentes phases successives. De cette façon, fin 2004, deux études ont été commencées : une première sur le tronçon Hendaye-Lille sous la coordination de RFF ; une deuxième sur le tronçon Irun- Vitoria sous la coordination du département des Transports du gouvernement basque. Dans la mesure où les avancements des différentes études le permettent, des réunions sont convoquées. À celles-ci assistent des représentants basques, français et la Plate-forme logistique Aquitaine Euskadi. Par ailleurs, il convient de citer que l’Y basque qui reliera l’Euskadi à l’Europe permettra une communication plus fluide dans les territoires historiques, et contribuera efficacement à la sécurité de la mobilité des personnes et à la diversification des modes de transport, entraînant ainsi une décongestion routière. C’est un pari lancé pour proposer une alternative à la route offrant rapidité, sécurité et qualité. À cet égard, l’Y basque a été pensé pour développer le projet d’autoroute ferroviaire, ce qui permettra, à terme, de transvaser 2000 à 3000 camions par jour.

La PLAE compte sur une série de membres représentant les différentes infrastructures maritimes, ferroviaires, aériennes et terrestres de l’Euskadi et de l’Aquitaine : Araba Logística, S.A (Arasur), Bikaboko Aparcabisa, la Sociedad Promotora del Aeropuerto de Bilbao (Bilbao Air), Cef Mouguerre (Bayonne), Complexe ferroviaire Hendaye Irun, Centro de Transportes Intermodal y Logístico de Vitoria CTVi, Euskotren, Plateforme multimodale d’Hourcade, Port Autonome de Bordeaux, Port de Bayonne, Puerto de Bilbao, Puerto de Pasajes, Uniport Bilbao, la Sociedad Promotora del Aeropuerto de Vitoria (VIA) et ZAISA (Centro de transportes de Irun). Les derniers mois ont été témoins d’une suite de séries de grandes décisions stratégiques sur l’environnement ferroviaire. Des décisions qui vont, sans doute, conditionner d’une manière positive l’avenir de notre mobilité, l’avenir du transport de marchandises et celui de sa logistique et de son intermodalité. Les raisons avancées sont réellement importantes, personne ne veut laisser passer la chance de pouvoir bénéficier d’une meilleure communication, tant en ce qui concerne les voyageurs qu’en ce qui concerne les marchandises. Les régions savent que si elles n’obtiennent pas ces nouvelles infrastructures, elles s’éloigneront encore plus des centres de pouvoir et des noyaux où circule et se génère la richesse.

Ces deux régions mettent en avant les ressources apportées par la connexion Bordeaux-Vitoria avec le "Y" Basque. Leurs arguments ont du poids et l’urgence qu’ils suscitent est réelle. Elles rappellent que la connexion avec la frontière, comme tout le Nouveau Réseau Ferroviaire Basque, fait partie du projet numéro 3 du Réseau Transeuropéen de Transports Madrid-Vitoria-Bordeaux-Tours. Basques et Aquitains sont conscients de la nécessité de favoriser et de consolider, depuis leur situation géographique privilégiée au centre de l’arc atlantique, des dynamiques pour le développement de l’Euskadi et de l’Aquitaine. Le "Y" Basque et sa connexion avec le Réseau français imposeront une nouvelle impulsion à l’intermodalité des différents modes de transport, auront une incidence sur l’amélioration de la qualité de vie d’un point de vue du développement durable. Car il faut le reconnaître, il n’y a rien de plus insoutenable que la situation actuelle, avec quotidiennement des milliers de camions qui forment de véritables murs sur les routes qui traversent l’Euskadi et l’Aquitaine.

Autrement persistera l’absurdité de ne pouvoir traverser la Bidassoa en train sans avoir à réaliser des opérations incongrues. Il s’agit de regarder le futur avec intelligence, rigueur et audace responsable. Nous suivons avec la plus grande attention tout ce qui est en rapport avec le processus et la prise de décisions futures sur les lignes à grande vitesse dans le sud-ouest de la France. La vigueur de votre débat est le fidèle reflet de l’importance stratégique des décisions à prendre. Le futur, les exigences implacables de la modernité, le transport durable, l’intermodalité, la recherche opiniâtre de nouvelles alternatives moins polluantes et plus respectueuses de l’environnement, donnent au débat toute sa vigueur. Nous sommes par ailleurs conscients de l’importance de ce débat au cours duquel se décidera, entre autres, la meilleure façon de réaliser la connexion entre l’Euskadi et l’Aquitaine. La façon dont se fera la connexion est en quelque sorte le sens de ce débat. En tant que Directeur de la Plate-forme logistique Aquitaine-Euskadi, je tiens à manifester solennellement qu’à mon avis, il est essentiel en termes de paramètres stratégiques, que l’Y basque soit doté d’une connexion, la plus rapide et la plus moderne possible, avec votre propre ligne à grande vitesse. Je ne retiendrai pas plus longtemps votre attention, nous avons, Basques et Aquitains, un enjeu commun, le report modal, un même engagement, le transport durable, des objectifs semblables et une forte volonté à développer nos voies de communication, nos infrastructures.

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