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2007
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L´ETA s´obstine

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Urtarrila 04 | 2007 |
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Editorial

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Le Monde


Le ministre de l´intérieur espagnol n´a pas mâché ses mots : le processus de paix avec l´ETA est "rompu, liquidé, terminé". Il est "irrécupérable". Alfredo Perez Rubalcaba a ainsi mis fin aux questions qu´on se posait sur le dialogue engagé en mars 2006 par le gouvernement de Madrid avec l´organisation séparatiste armée basque. Celle-ci a rompu le cessez-le-feu qu´elle avait décrété à cette date en commettant samedi un attentat mortel à Madrid. Un de plus : l´ETA est responsable de plus de huit mille morts depuis 1968, survenues pour l´essentiel après la mort du général Franco.
Le ministre de l"intérieur espagnol n"a pas mâché ses mots : le processus de paix avec l"ETA est "rompu, liquidé, terminé". Il est "irrécupérable". Alfredo Perez Rubalcaba a ainsi mis fin aux questions qu"on se posait sur le dialogue engagé en mars 2006 par le gouvernement de Madrid avec l"organisation séparatiste armée basque. Celle-ci a rompu le cessez-le-feu qu"elle avait décrété à cette date en commettant samedi un attentat mortel à Madrid. Un de plus : l"ETA est responsable de plus de huit mille morts depuis 1968, survenues pour l"essentiel après la mort du général Franco.

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, qui n"a cessé de manifester sa confiance dans le "dialogue" avec l"ETA, avait cru réussir là où ses prédécesseurs, le socialiste Felipe Gonzalez, en 1989, puis le conservateur José Maria Aznar, en 1999, avaient échoué. Beaucoup d"espoirs étaient permis. L"affaiblissement de l"ETA, dû à de multiples arrestations et saisies d"armes tant en Espagne qu"en France, était patent. Qui plus est, l"ETA avait perdu la plupart de ses soutiens au Pays basque, y compris dans les secteurs nationalistes, révoltés par l"aveuglement dont elle fait preuve.

Malgré ces espoirs, il a fallu constater au fil des mois que le "dialogue" était mal engagé. Des violences dans la rue, au Pays basque, et des vols d"armes à feu perpétrés en France, en octobre, l"avaient compromis. Démontrant sa mauvaise volonté, l"ETA réclamait la mise en place d"un processus d"autodétermination "sans condition". Et, depuis septembre, elle proclamait que le processus de paix était dans l"impasse, tout en menaçant de continuer la lutte armée "jusqu"à l"indépendance". Dans le même registre, l"ETA et son bras politique, Batasuna, qui n"a pas condamné l"attentat de samedi à l"aéroport de Madrid-Barajas, accusaient les gouvernements français et espagnol de perpétuer l""oppression" du Pays basque après de nouvelles arrestations et la découverte de caches d"armes.

Cet attentat, où deux Equatoriens ont probablement trouvé la mort, a-t-il été décidé pour peser sur les négociations ? Ou marque-t-il, de la part de l"ETA, l"arrêt du processus de paix ? Il montre en tout cas que l"autorité des dirigeants historiques de l"organisation, en particulier celle de Josu Ternera, est contestée au sein de celle-ci. A moins que ces "historiques" aient sciemment cherché à berner le gouvernement espagnol.

Que va-t-il se passer ? Doit-on redouter de nouveaux attentats, comme ce fut le cas en 2000 : plus de vingt morts après la rupture de la trêve de 1999 ? Comment va évoluer la lutte antiterroriste ? La tâche est lourde pour M. Zapatero, qui a peut-être péché par optimisme sinon par naïveté. Mais auquel on ne peut reprocher d"avoir à son tour tenté sa chance.

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